Colère ?

 

Oui je suis en colère. Oui j’en perds mon Latin. Non je ne comprends pas.

 

Le sujet le plus fréquemment traité par les hebdos régionaux depuis le début de l’été et celui qui fait les premières pages des bulletins de nouvelles et des grands quotidiens au Québec est sans contredit l’apparition et la multiplication exponentielle des algues bleues ou cyanobactéries. Déjà au 26 juillet 2007,  plus de 82 plans d’eau (déclarés) au Québec.

 

La dernière rumeur pour notre région serait que le Lac Charlebois à Sainte-Marguerite serait sur la ligne rouge, le taux de phosphore y serait dangereusement élevé. C’est proche,  c’est très proche, mais semble-t-il pas encore assez proche.

 

Il y a deux semaines, lors mes sorties en kayak, je constatais  qu’une grande majorité des riverains du Lac des Îles n’ont toujours pas compris que la protection de la bande riveraine est un des éléments importants pour la survie de nos lacs,  ce malgré le projet de règlement municipal déposé à la MRC par nos élus. Les terrains riverains ont toujours l’allure de green de golf.

 

Toujours la semaine dernière, lors d’une randonnée pédestre, je croise un membre de l’Association du Lac des Îles. Celui-ci, assis sur son petit tracteur,  fauche à fleur de terre tout ce qui pousse sur son terrain et ce,  bien entendu jusqu’à la commissure du lac, un vrai travail de chirurgien.

 

Un peu plus loin, une famille de villégiateurs riverains, sûrement amoureux de leur lac, en train de faire leur car-wash  familial, trois voitures à laver. Le savon du car-wash se retrouve bien entendu directement dans le lac par ruissellement.

 

Non je ne comprends pas. Il y a quelques semaines, je discutais du problème avec mes deux petits enfants de six et huit ans. Suite à la discussion, les deux semblaient avoir compris la problématique et étaient d’accord avec les avenues de solution.

 

Quelles techniques doit-on utiliser? Quelle approche doit-on prendre pour faire comprendre?

Comment ce fait-il que ces personnes qui vivent autour de ces bijoux que sont nos lacs et rivières, qui consomment souvent l’eau du lac, ne comprennent pas qu’ils sont en train de détruire la raison même pour laquelle elles quittent la ville pour se retrouver en pleine nature?

 

Sont-ils assez insouciants pour feindre qu’ils ne savent pas?  Ne comprennent-ils pas que la solution est toute simple? Respect de la bande riveraine, élimination des phosphates (savons engrais) contrôle des fosses septiques et champs d’épuration. Rien à voir avec l’envoi de l’homme sur la lune.

 

Moi, un incroyant, je suis rendu à prier le Seigneur pour que ces personnes trouvent la grâce et finissent par comprendre qu’à l’instar des grandes compagnies,  ils sont eux aussi en voie de détruire notre planète.

 

Gilles Galarneau, Entrelacs  26 juillet 2007

 

 

 

 

 

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