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le miroir doit-il être muselé?
Éditorial

Photo : Pet-Psy-Cafe
Fasciné par le courage du journaliste Dan Rather, on
publiait l’année dernière un article à la suite de l’une
de ses entrevues (Dan Rather Reports, sur la station
CNN) sur la valeur de l’information, et plus
particulièrement, sur celle diffusée par les sources
officielles comme les gouvernements, les municipalités
et les autres.
Dan
Rather fait des entrevues avec les gros bonnets et nous,
sur les événements locaux. La différence? Probablement
seulement l’échelle de grandeur!
Parlons d’abord d’information.
Existe-t-il vraiment une information absolument neutre,
absolument vraie et pas du tout teintée? Mais non! On y
met tous notre grain de sel, sans le réaliser.
À
partir de cette vérité, la seule façon d’obtenir un
portrait réaliste d’une situation, c’est de comparer
soigneusement les renseignements, les sources, etc.
Autrement, on est rapidement (et volontairement)
victimes de « désinformation », souvent plus excitante
que la désillusion qu’on peut ressentir en apprenant une
vérité.
Et
alors?
le miroir
n’est pas plus ou moins fiable qu’une autre source
d’information.
Qu’est-ce qui nous différencie? On fait soigneusement
nos recherches et on ne copie jamais ce que disent
certains aveuglément.
Une
chose est certaine.
le miroir n’est pas lié à des
« annonceurs » qui lui assurent de bons revenus. Il est
le fruit du bénévolat, du travail responsable.
Mais
si on compare, par exemple, le nombre de lecteurs qui
ont cliqué sur notre lien depuis 2006, soit 12 000, avec
le peu de feedback qu’on reçoit de ces mêmes lecteurs,
l’écart peut sembler problématique. En effet, nos
lecteurs réagissent peu. Il nous manque ce feedback et
quelquefois, on a l’impression qu’on publie contre un
mur virtuel.
Récemment, on a écrit un article sur la démission de M.
Doughty comme directeur général d’Entrelacs et de ses
« activités » à Entrelacs. C’en fut assez pour recevoir
un courriel très abrasif de la part d’un lecteur à la
suite de notre article :
« autant
en emporte le vent ». |
Voici le
texte du courriel :
Je suis.....enfin, je ne sais pas si je suis
scandalisée, déçue où choquée, chose certaine, je ne
m'intéresse pas aux règlements de comptes! Ne croyez
vous pas qu'il serait peut-être mieux de regarder vers
l'avenir et construire ...
Je vous demande par la présente de retirer mon nom de
cet outil immédiatement.
Merci.
Le miroir .... a le reflet de ce que vous êtes et non
ce que je suis.
Semblerait-il que pour cette personne, parler de
comportements municipaux ne soit pas tout à fait
indiqué? Eh bien, c’est son droit de penser cela.
Mais quel
est le droit du webzine le
miroir?
Dans ce
contexte, et après le choc initial, on doit se poser la
question :
le miroir
aurait-il besoin d’une muselière, le journalisme
indépendant est-il dangereux et doit-on plutôt se fermer
les yeux et les oreilles pour éviter de voir ou
d’entendre des informations qui nous déplaisent?
le miroir
est-il nuisible, encourage-t-il la contamination
mentale, seulement en rapportant des faits ou la
réaction de certains?
Non.
le miroir a le droit
de voir les choses d’un autre angle et d’offrir à ses
lecteurs un point de vue différent. C’est le choix des
lecteurs de le lire ou non, de le croire ou non.
le miroir
ne voit aucun problème à publier des faits, même si cela
ne concerne pas tout le monde, même si ce n’est pas dans
l’intérêt de tout le monde.
Sa seule
responsabilité est de choisir ses sujets et de rapporter
correctement les choses. Pas contents? Vous n’avez qu’à
ne pas le lire.
Sur une
autre note, on a récemment reçu un autre courriel de
quelqu’un qui n’habite plus Entrelacs, mais qui désire
se tenir au courant. |
Voici le
texte d'un autre courriel:
J'aimerais bien être inscrit à votre liste d'envoi. Mon
adresse est
XXX *voir
la note.
Ayant déjà été résident d'Entrelacs et espérant bien y
résider à nouveau, je continue à prendre des nouvelles
de la municipalité. Je vous remercie de votre attention
et vous félicite pour le travail
que vous accomplissez.
C’est
quoi, cette confusion?
Mais rien.
Seulement différentes réactions,
de différents lecteurs.
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Ou y aurait-il autre chose derrière la
réaction abrasive?
Morale de cette histoire?
L’information n’est jamais tout à fait noire
ou blanche. Elle est toujours un peu
teintée.
Même
les courriels inhabituellement négatifs.
C’est ce qu’on voulait démontrer.
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*note
La rédaction a volontairement omis les noms des auteurs
des courriels.
Heinz Koch, 20.02.2011 |