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Yves
Deschamps, historien de l'architecture
et villégiateur. Photo: Heinz Koch |
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nouveau à Ste- Marguerite"? |
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Connaissez-vous
le Centre culturel et l'Hôtel de ville de l'Estérel
situé près de Ste-Marguerite-du-Lac-Masson? L'édifice est de facture tout à fait moderne et
semble même un peu déplacé par rapport à
ceux qui l'entourent.
Est-il
récent ou pas, quelle est son histoire? Yves Deschamps vous
la raconte en bref à la demande du webzine
le
miroir à l'occasion d'une conférence
organisée à l''Estérel par l'Université
de Montréal.
Merci,
Yves!
Heinz
Koch 05.06.05
Le
monde du Baron Empain
En
1936, dans la foulée de la Crise de 1929, le millionnaire
beige Louis EMPAIN acquit à l'époque et à bon compte un immense domaine
à Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson, et fit appel à
l'architecte bruxellois Antoine COURTENS, pour y construire un complexe
qui demeure un exemple unique et remarquable de l'architecture de
cette époque.
Empain voyait grand. L'Estérel devait être un équivalent
des stations chic de la Côte d'Azur (le nom de l'Estérel
provient de cette région) et visait une clientèle
international privilégiée. Pour l'attirer, on prévoyait
même un aéroport.
Hélas! Le rêve tourna court. En 1940, la Belgique,
envahie, étant devenue pays ennemi, les autorités
canadiennes mirent l'Estérel sous séquestre.
Après le conflit, aussi prompt à renoncer qu'à
entreprendre, Empain liquida ses investissements au Québec.
L'Estérel se retrouvait orphelin.
Bientôt, cependant, des hommes d'affaires québécois
le rachetèrent. Leurs intentions ressemblaient à
celles
d'Empain : vendre des terrains ou 1'on construirait des résidences
secondaires haut-de-gamme.
Cependant, ils n'accordaient pas le même intérêt
aux services communs.
Les édifices de Courtens entrent alors dans une seconde vie
assez précaire. |
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Incendié
dès 1945, le centre commercial sera rafistolé sans
aucune conscience de sa valeur architecturale et passera par divers
emplois plus ou moins appropriés (y compris écuries)
avant de devenir présentement le centre administratif et communautaire de la
ville d'Estérel.
Le
Centre sportif, transformé en Hôtel l'Estérel,
ne ressemble plus guère à l'original. Une troisième
oeuvre de l'architecte belge, l'Hôtel de la Pointe Bleue,
a connu un meilleur sort. Acquis par un Centre de soins de longue
durée, il a été adapté et rénové
par 1'architecte Jean Damecour, de Sainte-Marguerite. Hélas,
l'édifice ne répond plus aux besoins du CHSLD. Le
gouvernement provincial s'apprête donc à s'en départir
et son sort devient, à son tour, incertain.
L'alerte est donnée depuis déjà plusieurs années.
La Société historique de l'Estérel et l'architecte
Damecour s'activent dans ce sens, aidés par des individus
comme 1'architecte Philippe Lupien qui, dans les années 80,
produisait une étude sur l'oeuvre de Courtens,
ou des organismes de défense du patrimoine comme DOCOMOMO-Québec.
L'avenir
n'est pas noir, mais il est sombre. Incapable d'assumer les frais
d'entretien, la municipalité est en outre soumise à
des pressions immobilières grandissantes.
On
pourrait tirer un parti pratique et symbolique intéressant
- public ou privé - de la restauration des oeuvres d'Empain
et Courtens.
Quand d'éventuels
acquéreurs le comprendront-ils?
Yves
Deschamps 02.07.05
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