Veto, veto, veto !

Comment ça se passe au conseil municipal ces derniers temps. Il y a eu plus de droit de veto utilisé dans la dernière année que dans les 15 années qui ont précédées et c'est la première fois qu'un droit de veto est utilisé à Entrelacs après des votes unanimes du conseil municipal. Voyez par vous mêmes.

 

Lors du conseil municipal du 12 août 2005 qui a duré près de 2 heures, les citoyens présents ont été témoin du droit de veto en action du maire d’Entrelacs.

 

En effet, sur 3 résolutions adoptées à l’unanimité en juillet dernier, le maire mettait son veto. Hors c’est sur ces mêmes résolutions qu’il avait amendées et sur lesquelles il s’était déclaré pleinement en accord qu’il imposait son véto. Il me semble qu’un veto devrait être utilisé seulement sur une résolution qui a été adopté et que l’on considère contre l’intérêt de la municipalité.

 

Pendant plus d’une demi-heure, le maire a d’abord expliqué à l’assemblée qu’il avait imposé son veto car ces résolutions laissaient planer un doute sur sa réputation. Puis, il a lu une lettre de la mairesse d’une autre municipalité de la MRC et qui s’est retrouvée bien malgré elle impliquée dans la situation. Lettre qu’il a largement commenté et qui disait essentiellement ce qui avait été rapporté au conseil municipal. Il a aussi lu une lettre du directeur général de la MRC qui confirme que le maire est membre du conseil de la MRC et qu’à ce titre, il est celui à qui les informations sont transmises. Seulement 3 documents depuis une dizaine d’années ont été transmis directement au directeur général d’Entrelacs.

 

M. Linteau a répondu ensuite aux interventions du maire, précisant que les résolutions présentées visent essentiellement à tenir les membres du conseil informés des dossiers qui les concernent et que le rôle du maire lorsqu’il siège à la MRC est de représenter la municipalité et de transmettre le point de vue de celle-ci en accord avec son conseil.

Voici les 3 résolutions adoptées à l'unanimité en juillet :

05-07-139-11.4
Considérant la nécessité d'assurer un lien fiable et efficace entre la MRC et la Municipalité, M. François Linteau, après avoir intégré l’amendement proposé par le maire, dépose une résolution demandant à la MRC de transmettre au directeur-général, secrétaire-trésorier, tous les documents pertinents à Entrelacs, reçus à la table des Maires.

05-07-140-11.5
Monsieur François Linteau dépose une résolution demandant au maire de faire part au conseil, de toute discussion à la table des maires touchant un sujet d'intérêt pour Entrelacs, de communiquer au conseil municipal, toute information verbale ou projet de travail pouvant avoir un impact sur Entrelacs et de consulter le conseil municipal avant de voter à la table des maires de la MRC, sur toute question touchant un sujet d'intérêt ou pouvant avoir un impact financier ou autre, sur Entrelacs.

05-07-141.11.6
Monsieur François Linteau dépose une résolution demandant au maire que soit transmit au conseiller responsable de dossiers (sécurité publique, voirie, urbanisme, loisirs, culture ou autre) dans un délai n'excédant pas deux semaines, tous les documents pertinents à Entrelacs qu'il recevrait de la MRC.

 

La raison invoquée par le maire pour rejeter ces résolutions avec lesquelles il était pleinement en accord le mois précédent, c’est qu’elles semblent laisser insinuer qu’elles entachent sa réputation.

 

Dans les lois municipales du Québec, on reconnait que « la mairesse ou le maire peut exercer un droit de veto sur les décisions du conseil en refusant de les approuver ». Comment concilier le fait que l’on vote pour, donc qu'on les approuve, et que quelques jours plus tard, on refuse de les approuver?

 

Lors de la période de questions, j’ai demandé au maire qu’au lieu de rejeter complètement les résolutions, pourquoi ne pas plutôt proposer une proposition complémentaire pour retirer de celles-ci ce qui semble nuire à sa réputation et que je comprenais mal qu’après avoir s’être dit publiquement d’accord avec ces résolutions, il imposait son droit de veto sur celles-ci? Je lui ai aussi demandé pourquoi sa réputation était si importante alors qu’il dénigrait dans le journal Altitude depuis quelques mois plusieurs de ses concitoyens et qu'aujourd’hui même deux des membres de son conseil? Est-ce à dire qu’il évitera à l’avenir de ternir la réputation d’autrui?

 

Il s’est empressé de répondre : « Moi, je dis la vérité ».

 

Personnellement, je pense qu’il y a un problème important de communication au sein du conseil. J’ai beaucoup de difficulté à comprendre que 7 adultes élus qui, après discussion, se disent tous d’accord sur des résolutions, et que le lundi suivant un maire responsable impose son veto, puis par la suite, qu’à l’assemblée suivante, une majorité vote ensuite contre. Ni M. Spénard, ni M. Savoie, ni Mme Thériault n’ont expliqué pourquoi ils ont changé d’opinion. Ils ont simplement levé la main pour voter contre en silence.

 

Je souhaite que lors des prochaines élections municipales, la population élira des conseillers et un maire qui seront capables de défendre personnellement leurs opinions et qui seront capables de voter correctement du premier coup.

 

Norman Kanemy, août 2005

 

 

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